"il·légitime" ou illégitime, là est la question...

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Ce qui nous empêche d'être qui on veut, c'est la peur !

Je t'entends penser : "tous les hommes ne veulent ou ne peuvent pas se vêtir de cette façon, ce n'est concevable que vis-à-vis de certains excentriques à la morphologie avantageuse".

Trop féminin, trop masculin, trop court, trop couvrant, trop large, trop haut, troué, déchiré, débraillé, m'as-tu-vu, clinquant, mauvais genre,... Une seule certitude se dessine : une tenue correcte a toujours été exigée. Gare à ceux qui sortent du rang.

Source : "Rtbf.be Radio La 1ère BXL" - L'histoire du vêtement au fil du temps - Sarah Troquet. Lire l'article  

Déjà, cela ne concerne pas tous les hommes, mais uniquement ceux qui le désirent, il y a certes une différence entre vouloir et pouvoir. D'un autre côté, les boutiques de "prêt-à-porter" regorgent de modèles qui, eux non plus, ne vont pas à tous les types de femmes et pourtant...

En dehors de ceci, nombre d'entre elles, sans nécessairement être des top modèles s'habillent avec beaucoup d'élégance et de goût.

Je pense qu'il suffit simplement de choisir des vêtements qui conviennent à nos particularités physiques et dans lesquels nous nous sentons bien.

Un petit retour en arrière :

"Tout au long des siècles, le vêtement s'est nourri d'une multitude de scandales, d'audaces et d'irrévérences. Qui se souvient qu'aucune femme ne pouvait entrer au restaurant en pantalon, que les talons étaient réservés aux hommes, que le blue jean, la minijupe ou encore le blouson en cuir étaient des sujets de véritables polémiques ?"

"Tenue Correcte exigée ! Une histoire des vêtements qui ont fait scandale" (source : RTBF   ➔ )

Dès la Renaissance, sous l'influence directe des modes italienne et espagnole, qui font la part belle aux étoffes raffinées, les hommes comme les femmes se parent de fraises, de collets, de colliers de perles, de boucles d'oreilles, de bagues...

Ils se parfument, aussi, à base de précieux aromates.

Ce n'est qu'au XVIIe siècle que la mode masculine s'affirmera et prendra le pas sur la mode féminine.

Louis XIV donne le ton en se couvrant de volants de dentelles et de boucles multicolores.

Il gagne des centimètres en montant sur des talons et abandonne les chausses pour une culotte large, si ample qu'elle apparaît sous la forme d'une jupe sans entrejambe ornée d'une multitude de rubans.

Jusqu'à la fin du siècle, les perruques, mises en mode par Louis XIII et utilisées aussi par Louis XIV, l'un et l'autre soucieux de dissimuler leur calvitie, ne finissent pas de gagner en volume.

Par comparaison, le costume féminin apparaît presque terne, malgré les efforts des maîtresses royales pour rivaliser de créativité.

Á partir du XVIIIe siècle, la mode masculine se fera un peu plus discrète, moins exubérante, ses conceptions seront réajustées au niveau de celles habituellement appliquées à la mode féminine.

Ainsi réétabli, le naturel équilibre visuel ordonnancera, vestimentairement parlant, des couples bien plus harmonieux.

Brève histoire de la mode : l'évolution du vêtement en France (source : France Inter   ➔ )

Légitime "il·légitime" ?

En ce qui me concerne, je verrais d'un assez bon oeil, l'abolition des tabous vestimentaires, et l'adoption de codes "fringues" non différenciés pour et par les deux sexes conventionnels.

Bref, le pouvoir de choisir, où, quand, comment, avec qui... sans les railleries, sans les jugements, une simple liberté d'être qui on veut, comme on le souhaite, sans peur ni reproche. 

Au début du XVIe siècle, la mode masculine est au décolleté. Les hommes portent un décolleté large allant jusqu'à faire apparaître les clavicules.

Source : "Le costume historique" - Andelot. Lire l'article  

Les "filles", ont déjà conquis ce droit, certes, pas encore dans toutes les régions du monde, je le concède, mais, dans nos contrées, presque plus personne ne s'offusque de voir une femme de porter une perruque afro, un sari, du vernis noir, du vert à lèvres, une chemise de bucheron, une salopette de garagiste, des Rangers de combat ou, à l'inverse, un impeccable et très stylé, smoking noeud "pap" à la James Bond. 

Dura lex, sed lex !

Pourtant tout ne fût pas si évident qu'il n'y paraît :

En France, L’arrêté du préfet de police Dubois n° 22 du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) stipulait que :
"toute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l'autorisation".

Cet arrêté a été abrogé au 31 janvier 2013. Il aura, tout bonnement, suffi de 176 ans (depuis George Sand -"Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil", en 1855) pour mettre en accord un texte et le vie courante...

Les vêtements « féminins », une histoire de perception. Bien sur, tout est une question d’habitude. Aujourd’hui, les hommes portants les cheveux longs sont vus par certains comme « efféminés » alors qu’il y a à peine plus de cent ans, ces coiffures représentaient justement la virilité. Chez les Grecs, les Romains, les Égyptiens, au Moyen Âge et même bien plus tard, les hommes portaient des robes, toges, tuniques, jupes… Il fut un temps, à la Renaissance notamment, où un homme prouvait sa masculinité à travers ses ornements. Plus il était coquet, plus il était viril.

Source : "Madmoizelle" - La mode unisexe est-elle trop "masculine" ? - Caroline Arénas. Lire l'article  

A contrario, qu'un garçon porte des vêtements féminins n'était, et n'est toujours, absolument pas répréhensible, seule une tenue vestimentaire jugée indécente est punissable.

Le code pénal réprime :
"toute exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public" (article L2212-2 du Code général des collectivités territoriales, modifié par la loi du 19 décembre 2008).

Avec un bémol... malgré tout, la loi du 30 juillet 1960 qui autorisa (durant une dizaine d'années) les autorités françaises à :
"lutter contre l'homosexualité, désormais reconnue fléau social..."
tout en tentant d'interdire le travestissement masculin sous couvert de réfréner la prostitution.

Malgré ces considérations, à ce jour, même tenté de jouer les "Chevalier d'Éon", je déconseille, malheureusement encore, aux garçons de porter la jupe partout et en toute circonstance.

Nul besoin qu'elle soit crantée, pour devenir "la Star" de ton quartier et, dans le meilleur des cas, voir les badauds se dévisser le cou à te suivre du regard, au pire, de t'en faire le reproche, parfois agressivement.

Illégitime "il·légitime ?

Nul n'est prophète en son pays, et puis, en fait :

"qu’est-ce que la vérité ? Il y a la tienne, la mienne et celle de tous les autres. Toute vérité n’est que la vérité de celui qui l’a dite. Il y a autant de vérité que d’individus."

Eric-Emmanuel Schmitt

Libre à chacun de trouver plus "smart" les sandales cuir-chaussettes ou l'effet Thermos d'un costume 3 pièces, cravate ajustée, "so British", sous la canicule, ou bien encore, la stricte différenciation des codes vestimentaires, alors que d'autres alternatives pourraient être considérées dont notamment la liberté d'aller et venir, vêtu à ta guise, conformément aux choix que tu prédilectionnes.

Je comprends mal les raisons qui devraient empêcher les hommes de s'habiller d'une façon plus ouvertement originale, colorée, exubérante, voire même, de s'inspirer ou pourquoi pas de se calquer sur la mode habituellement pensée au départ pour les dames.

Des vêtements sans étiquette. Peu importe votre genre, ce qui nous importe c’est que nos vêtements conviennent à vos corps.

Source : "The Alleah" - La mode unisexe est-elle réellement inclusive ? - Nina Helleboid. Lire l'article  

Simple question d'esthétisme me rétorqueras-tu, ce à quoi, je renchérirai en soutenant que chacune, chacun choisit ses vêtements en fonction de ses propres goûts, affinités, possibilités, ou suivant divers et nombreux autres éléments et, quels que soient les choix que nous effectuons, femmes ou hommes, ils ne sont pas toujours en adéquation avec notre morphologie et plus rarement, encore, conforment aux désirs des autres, pourtant c'est aussi un moyen de jouer, voire d'exprimer, en tant qu'individu spécial parce que unique, nos originalités, notre personnalité.

Tout ceci n'est-il pas souhaitable, autant pour les filles que pour les garçons, et sans ambages, davantage encore, pour ces derniers ?